Modifier des tantièmes à la “mauvaise” majorité : Quels sont les risques ?
Dans un arrêt récent, la 3e chambre civile rappelle une règle simple… mais encore trop souvent contournée :
dès qu’on touche aux quotes-parts de parties communes (tantièmes), c’est l’unanimité. Cass. 3e civ., 6 nov. 2025, n° 23-21.645.
Ce que dit la Cour, sans détour : La majorité de l’article 24 (majorité simple) ne permet que des adaptations rendues nécessaires par des évolutions législatives ou réglementaires du règlement de copropriété.
Elle n’autorise pas à modifier la répartition des tantièmes — même sous couvert de “correction”, “réajustement” ou “mise à jour” d’un règlement ancien.
Message opérationnel pour les syndics :
Si une résolution a pour effet de :
• donner des tantièmes à un lot qui n’en avait pas,
• rectifier une grille de répartition,
• harmoniser / compléter des quotes-parts, alors l’unanimité s’impose.
Sinon : nullité quasi automatique de la résolution.
Pourquoi c’est un sujet RC Pro (et assureurs) :
Une nullité sur la majorité, c’est souvent :
• remise en cause des appels de charges,
• fragilisation d’autres décisions d’AG,
• impacts possibles sur ventes, travaux, financements,
• et, au bout, un risque sérieux de mise en cause de la responsabilité civile professionnelle du syndic.
La ligne de conduite à retenir :
Dès que le projet de modificatif touche même marginalement aux tantièmes :
1. basculer sur l’unanimité,
2. documenter clairement le conseil donné au syndicat (traçabilité = protection).
Infos : Cabinet VILA AVOCATS